Approche neuroaffirmative

À la Clinique d’orthophonie Dialogue, notre mission est d’outiller chaque personne grâce à des moyens de communication et à un environnement adaptés à ses besoins. Nous souhaitons que tous soient en mesure de communiquer avec leurs proches, de s’épanouir à l’école ou dans leur travail et, surtout, d’être heureux. C’est pourquoi nous utilisons une approche neuroaffirmative.

C’est quoi, une approche neuroaffirmative?

L’approche neuroaffirmative part du principe que chaque personne est unique. Tout le monde a des forces, des défis, des préférences et une façon de fonctionner qui lui est propre. En tant qu’orthophonistes, notre rôle est de nous adapter à la personne devant nous et de lui offrir une intervention qui répond réellement à son type de fonctionnement et à ses besoins, afin d’atteindre des objectifs importants pour elle.

Cette approche s’appuie sur le concept de la neurodivergence


La neurodivergence fait référence à un développement neurologique qui diffère de celui de la majorité de la population. On pense entre autres à des conditions comme :

  • le trouble du spectre de l’autisme;

  • le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH);

  • les troubles spécifiques des apprentissages comme la dyslexie-dysorthographie et la dyscalculie;

  • le trouble développemental du langage (TDL), anciennement appelé dysphasie;

  • la dyspraxie;

  • le syndrome de Gilles de la Tourette;

  • le bégaiement et le bredouillement.

«Les jeunes neurodivergents représentent au moins 15% des élèves dans les écoles du Québec, alors qu’il est estimé qu’environ 8% des enfants ont un TDAH, 3% seraient autistes et 6% auraient des difficultés d’apprentissage.» (Grandisson et al., 2026)

Pourquoi chercher à rendre tout le monde identique?

Plutôt que de voir ces conditions uniquement comme des troubles ou des problèmes à régler, l’approche neuroaffirmative valorise les différences dans le fonctionnement cérébral. On ne cherche pas à rendre une personne qui sort du cadre plus « typique » ni à effacer ou camoufler leurs différences, on les outille en leur fournissant des stratégies pour qu’elles puissent atteindre leur plein potentiel! On veut surtout éviter que la personne doive constamment masquer ses particularités pour répondre aux attentes de son environnement. On veut l’aider à comprendre son propre fonctionnement, à l’accepter et à exprimer ses besoins.

Attention! Ça ne veut pas dire que ces conditions ne viennent pas avec leur lot de défis! Au contraire, on reconnaît autant les forces que les difficultés qui viennent avec un fonctionnement différent de la norme. L’approche neuroaffirmative vise à amener la personne à mieux comprendre son propre fonctionnement et à tirer parti de ses forces. En adaptant l’intervention et l’environnement, on veut favoriser sa participation et son bien-être.



Concrètement, comment ça se traduit en orthophonie? 


  1. On apprend d’abord à se connaître! En collaboration avec la personne et sa famille, on s’efforce de comprendre le profil complet de la personne.
  2. Ensemble, on détermine les objectifs d’intervention. Qu’est-ce qui est important pour la personne qui consulte? Qu’est-ce qu’elle souhaite améliorer? De quoi a-t-elle besoin pour atteindre ses objectifs personnels?
  3. On s’adapte aux préférences et aux intérêts de la personne. L’intervention tiendra compte de son vécu, de ses forces, de ses difficultés, de ses intérêts et de ses besoins. 

Des exemples!

Si un enfant a beaucoup de difficulté à rester assis sur une chaise sans gigoter, on va chercher des moyens de répondre à ce besoin plutôt que de chercher des façons de l’encourager à rester immobile. On pourra utiliser une chaise adaptée qui permet de bouger, choisir un jeu qui demande d’être debout ou de se déplacer, ou encore permettre l’utilisation d’objets de stimulation sensorielle.

Si le contact visuel est une source de stress pour une personne, exiger qu’elle nous regarde dans les yeux pendant l’intervention peut nuire à sa capacité de communiquer. On pourra alors s’assurer de l’attention de l’autre personne autrement pendant l’interaction, par exemple en discutant tout en consultant des outils visuels en même temps, ou en ajoutant à la parole d’autres moyens de communication variés comme des gestes. Est-ce que cela signifie qu'on ne travaillera jamais le contact visuel? Non! Mais il faut tenir compte des particularités, des besoins et des objectifs de la personne afin de déterminer si c’est réellement pertinent de le faire et si c’est le bon moment.


Quels sont les avantages d’une telle approche?

En adaptant nos interventions et l’environnement aux besoins de la personne, plutôt que de faire reposer toute la responsabilité de l’adaptation sur elle, on peut notamment favoriser :

  • une meilleure estime de soi;

  • une acceptation de ses différences et une diminution du stress et de la pression à devoir « faire comme les autres »;

  • une participation accrue dans les activités quotidiennes;

  • une communication plus efficace et des interactions sociales plus significatives;

  • et, ultimement, un apaisement et un sentiment de bien-être.

Et à la Clinique Dialogue?

Nous sommes nous-mêmes neurodivergents. On comprend donc les forces et les défis associés à un fonctionnement différent, et on sait ce que cela représente pour la famille au quotidien.

Une approche bénéfique pour tous

Bien que l’approche neuroaffirmative ait été développée en lien avec le concept de neurodivergence, elle vise avant tout à proposer une intervention adaptée à la personne. Ce principe est bénéfique pour tous, pas seulement pour les personnes neurodivergentes! 

Peu importe la façon dont votre cerveau fonctionne, si vous avez des inquiétudes concernant la communication, n’hésitez pas à communiquer avec nous.


SOURCES

Les avantages d’une approche neuroaffirmative et neuroinclusive :

Gloster, A. T., Walder, N., Levin, M. E., Twohig, M. P. et Karekla, M. (2020). The empirical status of acceptance and commitment therapy: A review of meta-analyses. Journal of Contextual Behavioral Science, 18, 181–192. https://doi.org/10.1016/j.jcbs.2020.09.009 

Grandisson, M., Pratte, G., Chrétien-Vincent, M., Préfontaine, I., Chagnon, M. et Couture, M. M. (2026). Expérimentation de Pour des écoles neuroinclusives: Réduire les obstacles à la participation et au bien-être à l'école [Rapport de recherche]. Cirris; Université Laval. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/org/ophq/Administration/PEPH/Rapports_recherche/experimentation-ecoles-neuroinclusives.pdf 

Wagland, Z., Sterman, J., Scott-Cole, L., Spassiani, N. et Njelesani, J. (2025). Promoting Neurodiversity-Affirming Care for Autistic Children: A Scoping Review. Neurodiversity, 3. https://doi.org/10.1177/27546330251357479 

La neurodivergence en chiffres :

Académie canadienne des sciences de la santé (2022). L’autisme au Canada: Réflexions pour l’élaboration de futures politiques publiques. https://cahs-acss.ca/wp-content/uploads/2022/04/ACSS-Lautisme-au-Canada-Reflexions-pour-lelaboration-de-futures-politiques-publiques.pdf 

Institut national de santé publique du Québec. (2025).  L'Indicateur de santé publique: Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Institut national de santé publique du Québec. Consulté le 19 août 2026. https://www.inspq.qc.ca/indicateur/developpement-des-jeunes/tdah 

Institut national de santé publique du Québec. (2025).  L’Indicateur de santé publique: Trouble du spectre de l'autisme (TSA). Institut national de santé publique du Québec. Consulté le 19 août 2026.  https://www.inspq.qc.ca/indicateur/developpement-des-jeunes/trouble-spectre-autisme

Yang, Y., Zhao, S., Zhang, M., Xiang, M., Zhao, J., Chen, S., Wang, H., Han, L. et Ran, J. (2022). Prevalence of neurodevelopmental disorders among US children and adolescents in 2019 and 2020. Frontiers in Psychology, 13. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2022.997648