Cette approche s’appuie sur le concept de la neurodivergence.
La neurodivergence fait référence à un développement neurologique qui diffère de celui de la majorité de la population. On pense entre autres à des conditions comme :
le trouble du spectre de l’autisme;
le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH);
les troubles spécifiques des apprentissages comme la dyslexie-dysorthographie et la dyscalculie;
le trouble développemental du langage (TDL), anciennement appelé dysphasie;
la dyspraxie;
le syndrome de Gilles de la Tourette;
le bégaiement et le bredouillement.
Pourquoi chercher à rendre tout le monde identique?
Plutôt que de voir ces conditions uniquement comme des troubles ou des problèmes à régler, l’approche neuroaffirmative valorise les différences dans le fonctionnement cérébral. On ne cherche pas à rendre une personne qui sort du cadre plus « typique » ni à effacer ou camoufler leurs différences, on les outille en leur fournissant des stratégies pour qu’elles puissent atteindre leur plein potentiel! On veut surtout éviter que la personne doive constamment masquer ses particularités pour répondre aux attentes de son environnement. On veut l’aider à comprendre son propre fonctionnement, à l’accepter et à exprimer ses besoins.
Attention! Ça ne veut pas dire que ces conditions ne viennent pas avec leur lot de défis! Au contraire, on reconnaît autant les forces que les difficultés qui viennent avec un fonctionnement différent de la norme. L’approche neuroaffirmative vise à amener la personne à mieux comprendre son propre fonctionnement et à tirer parti de ses forces. En adaptant l’intervention et l’environnement, on veut favoriser sa participation et son bien-être.
Concrètement, comment ça se traduit en orthophonie?
Des exemples!
Si un enfant a beaucoup de difficulté à rester assis sur une chaise sans gigoter, on va chercher des moyens de répondre à ce besoin plutôt que de chercher des façons de l’encourager à rester immobile. On pourra utiliser une chaise adaptée qui permet de bouger, choisir un jeu qui demande d’être debout ou de se déplacer, ou encore permettre l’utilisation d’objets de stimulation sensorielle.
Si le contact visuel est une source de stress pour une personne, exiger qu’elle nous regarde dans les yeux pendant l’intervention peut nuire à sa capacité de communiquer. On pourra alors s’assurer de l’attention de l’autre personne autrement pendant l’interaction, par exemple en discutant tout en consultant des outils visuels en même temps, ou en ajoutant à la parole d’autres moyens de communication variés comme des gestes. Est-ce que cela signifie qu'on ne travaillera jamais le contact visuel? Non! Mais il faut tenir compte des particularités, des besoins et des objectifs de la personne afin de déterminer si c’est réellement pertinent de le faire et si c’est le bon moment.
En adaptant nos interventions et l’environnement aux besoins de la personne, plutôt que de faire reposer toute la responsabilité de l’adaptation sur elle, on peut notamment favoriser :
une meilleure estime de soi;
une acceptation de ses différences et une diminution du stress et de la pression à devoir « faire comme les autres »;
une participation accrue dans les activités quotidiennes;
une communication plus efficace et des interactions sociales plus significatives;
et, ultimement, un apaisement et un sentiment de bien-être.
Nous sommes nous-mêmes neurodivergents. On comprend donc les forces et les défis associés à un fonctionnement différent, et on sait ce que cela représente pour la famille au quotidien.
Une approche bénéfique pour tous
Bien que l’approche neuroaffirmative ait été développée en lien avec le concept de neurodivergence, elle vise avant tout à proposer une intervention adaptée à la personne. Ce principe est bénéfique pour tous, pas seulement pour les personnes neurodivergentes!
Peu importe la façon dont votre cerveau fonctionne, si vous avez des inquiétudes concernant la communication, n’hésitez pas à communiquer avec nous.
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